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L'enragée Verte

Un jardin sur le toit d’une radio en Afrique

Isabelle Gagnon
8 mars 2010

Je me décide enfin à publier un texte que j’avais écrit dans le cadre d’un cours. C’est au sujet du projet en agriculture urbaine à Bamako, au Mali, auquel j’ai participé l’an dernier. C’est long à lire, je sais. Seulement, c’est un bel exemple de projet durable, simple et qui peut avoir un bel effet à long terme, autant sur l’environnement que sur la société en général.
Bonne lecture.

Jardin sur le toit de la radio Kayira. Crédit photo: Salimata Koné

La ville de Québec a fait un jardin ancestral spécialement pour son 400e et Michelle Obama jardine avec sa famille à la Maison Blanche. Loin de surfer sur la vague, les porteurs de l’agriculture urbaine croient qu’un véritable changement des mentalités s’opèrerait actuellement. D’ailleurs, Alternatives, un organisme de solidarité internationale, chapeaute depuis 7 ans le projet Des jardins sur les toits (PJST). Initié tout d’abord à Montréal, ce projet a servi de laboratoire pour identifier quelles étaient les meilleures techniques à adopter pour effectuer un jardin dans un contexte où un sol « normal » n’était pas disponible.

Au fil des ans, le PJST a fait des petits et de nombreuses associations à Montréal adoptent le modèle. Comme le projet fonctionne bien au Québec, Alternatives a proposé à certains partenaires des pays du Sud de s’associer à eux afin d’implanter le projet « Des jardins sur les toits » dans leurs organismes. C’est par le biais du programme Québec sans frontières (QSF) que Radio Kayira, un partenaire malien situé à Bamako, a reçu les premiers stagiaires mandatés pour réaliser un jardin sur le toit de la radio à l’été 2008. Ce projet s’inscrit dans une volonté commune de la radio Kayira et d’Alternatives de se positionner sur les enjeux liés à l’agriculture urbaine et à la souveraineté alimentaire.

L’agriculture urbaine a de nombreuses définitions, mais décrivons celle-ci comme une activité qui produit, traite et commercialise la nourriture et les carburants pour répondre à la demande quotidienne des consommateurs d’une ville, d’une cité ou d’une métropole qui est situé dans l’espace urbain et péri-urbain en appliquant des méthodes de production intensives, en utilisant des ressources naturelles et des déchets urbains, pour produire des récoltes diversifiées ainsi que des animaux d’élevage (Smit et al., 1996).

L’agriculture urbaine semble être la réponse à plusieurs maux de notre époque. En effet, les villes, particulièrement celles des pays en voie de développement, sont en pleine croissance et Bamako ne fait pas exception. Situé sur le toit d’une station de radio, le jardin est utilisé comme outil de communication concernant entre autres la souveraineté alimentaire, la promotion d’une bonne santé publique, la sensibilisation au sujet de ressources telles que l’eau, l’engrais, la terre et les semences. Le jardin ajoute une valeur certaine aux propriétés et les techniques utilisées sont adaptées au contexte malien.

Que se passe-t-il dans les villes ?
C’est fait. ONU-habitat nous l’annonçait dans un rapport en 2004 : voilà que pour la première fois de l’histoire de l’humanité, plus de la moitié de la population mondiale habite maintenant dans les villes. Il y a maintenant près de 6,6 milliards d’habitants sur la Terre et la plupart vivent dans les pays en développement.

L’ONU déclare que d’ici à 2050, la population mondiale fera un bond de plus de 37 %, soit de 6,616 milliards à 9,076 milliards d’habitants, les plus fortes augmentations s’enregistrant en Asie et en Afrique. Aussi, les statisticiens estiment que d’ici 2015, le monde ne comptera pas moins de 564 villes d’un million d’habitants ou plus, dont 425 seront dans des pays en développement qui compteront aussi 19 des 23 mégavilles prévues pour la prochaine décennie (Mougeot, 2006). Ces chiffres ont de quoi inquiéter, car la plupart du temps, la croissance de ces villes se fait sans grande planification et laisse place à une urbanisation aux allures chaotiques. Grande surprise, Bamako mène actuellement la course. En effet, il s’agit de la ville ayant le rythme de croissance urbaine le plus élevé d’Afrique et se situe au 6e rang mondial (CityMayors.com, 2009).

Les villes sont confrontées à de nombreux problèmes, dont plusieurs touchant la santé publique. Loin d’être la réponse ultime, l’agriculture urbaine se veut porteuse de solutions et devrait se trouver au coeur des plans d’aménagements et devrait être encouragée plutôt que considérée comme une activité marginale.

Bamako
Capitale du Mali, Bamako est une ville en pleine effervescence. Le secteur agricole urbain de la cité est à l’image des autres grandes cités africaines: en pleine évolution (Zallé, 1999). Les Bamakois ont une forte propension à manger des fruits et légumes qui serait liée au processus de développement urbain soit une forte croissance démographique et l’évolution des habitudes alimentaires relatives au mode de vie urbain (Zallé, 1999). Alors qu’elle est bien implantée dans la capitale, l’agriculture urbaine demeure marginalisée et les maraîchers vivent dans une situation précaire. En effet, l’agriculture urbaine est pratiquée sur des terrains vacants qui appartiennent à la ville la plupart du temps.

Or, avec la pression démographique, les maraîchers voient les terres où ils cultivent depuis plusieurs années être vendues à des propriétaires fonciers. « Notre plus grand souci est de savoir si nous aurons encore notre terre demain et nous vivons sans cesse dans la crainte d’être chassé » déclarait Ladji Cissé, un maraîcher de la coopérative Doussou Souma dans la commune un à Bamako lorsque les stagiaires QSF (dont l’auteure de ce texte faisait partie) ont visité leurs jardins à l’été 2009. Pourtant, l’agriculture urbaine à Bamako constitue une source de légumes frais et les revenus générés jouent un rôle important au plan financier pour de nombreuses familles (Zallé, 1999). Aussi, dans un contexte de mondialisation et de globalisation où la plupart des produits sont destinés à un marché international, l’agriculture urbaine est plutôt orientée vers les marchés de proximité, destinés à la population locale (UNDP, 1996).

Maraîchers de Bamako. Crédit photo: Mariam Sogoba

Loin de rivaliser avec les maraîchers déjà en place à Bamako, le PJST se veut surtout être une agriculture d’appoint, un « autre » modèle. Le projet n’a pas la prétention de rivaliser avec les maraîchers ou même de leur apporter des solutions viables à leurs problèmes. Le jardin construit sur le toit de la station de radio Kayira se veut plutôt être un modèle pour une appropriation alimentaire de la part des résidents de la ville. Associé à une station de radio populaire, le jardin jouit d’une grande visibilité auprès de la population et il est un outil de communication en plus d’un bel espace d’échange.

Un jardin sur le toit, ça peut servir de…
Le jardin sur le toit de la station de radio Kayira est un excellent outil stratégique pour faire la promotion de l’agriculture urbaine et en voici quelques exemples.

…outil pour la souveraineté alimentaire
Tel que défini par la FAO, la souveraineté alimentaire est:
le DROIT inaliénable des peuples, des communautés et des pays à définir, énoncer et appliquer leurs propres politiques en matière d’agriculture, de travail, de pêches, d’alimentation et d’utilisation des terres, en parfaite conformité avec leur propre situation écologique, sociale, économique et culturelle. Il englobe le droit véritable à l’alimentation et le droit de produire des aliments, ce qui signifie que toute personne à droit à une alimentation sûre, nutritive et adaptée à sa culture, ainsi qu’à des technologies et à des ressources de production alimentaire; les populations doivent aussi être en mesure d’assurer leur propre existence et la pérennité de leurs ressources et de leurs sociétés.

Au Mali, il y a des terres et il y a de la nourriture en quantité suffisante pour nourrir la population. Or, comme dans le cas de plusieurs pays, les denrées produites sont destinées aux marchés internationaux et non aux populations locales. Un jardin sur le toit permet, à court et long terme, de produire une quantité intéressante de légumes frais et de qualité dont la provenance est connue. Il s’agit d’un pas certain vers la souveraineté alimentaire. Le projet permet une prise en charge de l’alimentation par et pour la base populaire. Il s’agit d’un refus du pouvoir accordé aux grandes puissances. Dans un monde où les grandes forces défendent le libre marché, le Projet des jardins sur les toits est en quelque sorte un moyen de manifester, pacifiquement, en suivant le rythme de croissance des plantes.

…aide à la promotion d’une bonne santé publique
Plusieurs pathogènes sont transmis par l’eau souillée dont la fièvre typhoïde qui est une maladie actuellement en hausse au Mali. Une des causes principales de l’ascension de cette maladie serait la contamination des eaux usées par les selles des êtres humains. Souvent, cette même eau contaminée est utilisée pour arroser les légumes et cela crée une source de propagation de la maladie. En effet, les bactéries s’accumulent dans les légumes et accroissent les risques de diffusion de la maladie. Le fait est qu’à Bamako, l’agriculture urbaine peut donc représenter certains risques et le PJST sert d’outil de sensibilisation face à la provenance des aliments consommés par la population.

Suite à la progression de la fièvre typhoïde, les gens ont développé certaines craintes concernant la consommation de fruits et légumes frais. Le but du projet est de faire la promotion d’une saine alimentation, comportant une ration importante de fruits et légumes de provenance connue en plus de sensibiliser les gens sur l’importance d’un arrosage avec de l’eau non contaminée.

…valeur ajoutée à l’architecture
De plus, tout comme à Montréal, l’architecture bamakoise est caractérisée par la prédominance de bâtiments à toits plats. Ils constituent d’excellents espaces facilement accessibles pour effectuer le jardinage en bac. Ces toits bétonnés peuvent être transformés en espaces verts productifs et luxuriants assez simplement. De plus, les toits de la ville sont généralement assez solides pour supporter un poids important.

Aussi, le jardinage en bac ne se limite pas seulement aux toits et peut aussi se pratiquer au niveau du sol, dans des endroits où la terre est infertile ou souillée. Il s’agit simplement de mettre de la terre dans des bacs et de planter des légumes. Bien évidemment, plusieurs techniques ont été développées pour assurer une meilleure croissance des végétaux tout en limitant la consommation d’eau.

… sensibilisation au sujet des ressources
Eau
Le manque d’eau au Mali de même que son coût élevé en fait une ressource importante à considérer dans la mise en place d’un projet de jardin sur le toit. À cet effet, il est possible de positionner des barils sous les gouttières pour récupérer l’eau de pluie ou même de placer des sceaux à certains endroits stratégiques. L’eau recueillie de cette manière est de très bonne qualité, puisqu’elle n’a pas passé par les latrines. Fait notoire: elle est gratuite.

Certains modèles de bac construits par les stagiaires proposent un arrosage par capillarité. L’eau nécessaire à la plante est stockée en dessous et est acheminée à la terre par une mèche. C’est en fait un récipient rempli de terre faisant le lien entre l’eau de la réserve et la terre du bac. Cette technique donne entre autres l’avantage de limiter l’évaporation qui se produit lorsque l’on arrose par le dessus.

Engrais
Avoir son propre compost est nécessaire à la réussite et à la productivité du jardin. On accumule les débris végétaux au même endroit auquel on ajoute de la paille. Le compost doit être remué chaque jour et on l’utilise directement sur la terre ou on le mélange au terreau lorsque l’on remplit les bacs. C’est un engrais naturel efficace et peu coûteux.

Un autre très bon moyen de fertiliser naturellement et à faible coût est le purin végétal. Lors de la récolte, on conserve les feuilles des plantes que l’on laisse décanter dans l’eau pendant 15 jours. La solution peut ensuite être diluée dans l’eau pour arroser les plantes.

Terre
La terre disponible est nettement trop argileuse. Elle se compacte facilement, ce qui peut limiter la croissance de certains végétaux et créer des carences en minéraux. C’est pourquoi des copeaux de bois et de la fibre de noix de coco ont été ajoutés à la terre. Ce mélange a comme avantage d’augmenter l’aération du sol ainsi que le drainage. De plus, le sol est souvent contaminé par de l’huile, de l’essence ou autres déchets toxiques. Le PJST fait la promotion de l’utilisation de sol de bonne qualité.

Semences
Les semences utilisées doivent être de bonne qualité. Bien qu’elles peuvent représenter un investissement la première année, on peut récolter les graines à la fin de la saison pour débuter une nouvelle culture. Aussi, les Maliens sont bien sensibilisés quant à l’utilisation d’organismes génétiquement modifiés, mais n’arrivent malheureusement pas toujours à mettre la main sur des semences biologiques. Les stagiaires 2009 ont mis un accent particulier sur la récolte et le partage des semences entre les groupes maraîchers.

Techniquement parlant…
Le jardin sur le toit est un lieu d’expérimentation de plusieurs techniques de jardinage. Les modèles proposés par l’équipe de stagiaire sont grandement inspirés de ceux réalisés par Alternatives au Canada depuis le début du projet.

…Bacs à réserve d’eau
Ce modèle est très utilisé au Canada et s’adapte très bien en sol malien. Il s’agit de doubler le fond du sceau pour y faire une réserve d’eau. L’arrosage, qui se fait par capillarité a aussi comme avantage de réduire le lessivage des nutriments comme lorsque l’on arrose par le dessus. Les éléments nutritifs restent dans le sol et la structure de ce dernier n’en est pas affectée.

…Goutte-à-goutte
Certaines plantes comme les tomates et les poivrons demandent plus d’attention. Ces dernières ont besoin de beaucoup d’eau. Le système goutte-à-goutte répond très bien à ce besoin en arrosant au pied de la tige de la plante. Un tuyau attaché à une réserve d’eau centrale traverse un bac rempli de terre. Le tuyau est percé à chaque endroit où il y a une plante. Pour arroser, on ouvre les robinets un certain laps de temps qui varie selon la quantité d’eau qui se trouve dans la réserve. Dans l’optique de réduire la consommation d’eau, ce bac y répond très bien: diminution de l’évaporation, de la consommation d’eau et de temps.

Système goutte-à-goutte. Crédit photo: Salimata Koné

…Pneus
Le jardin de pneus est le moyen le plus abordable et le plus simple de cultiver sur un toit. Les pneus sont disponibles partout et souvent gratuits. Des roches et de la noix de coco sont mises dans le fond pour faciliter le drainage. On superpose d’autres pneus que l’on remplit de terreau pour ensuite semer.

Jardin de pneus. Crédit photo: Mariam Sogoba

Jardin de pneus. Crédit photo: Mariam Sogoba

Et l’avenir ?
Radio Kayira et Alternatives partagent des visions communes, entre autres dans la défense des droits des populations les plus vulnérables. Kayira a pour mission principale de sensibiliser et d’informer ses auditeurs sur ce qui se passe dans leur pays. Cet accès à l’information permet à la population malienne de mieux comprendre le contexte dans lequel leur pays évolue. Le projet du jardin sur le toit vient appuyer le discours de Kayira en matière de sensibilisation de la population quant à la qualité des légumes consommés et s’inscrit dans un objectif plus large de souveraineté alimentaire. De plus, le jardin s’inspire des méthodes et techniques développées au Canada, mais qu’il a été possible d’adapter à la réalité malienne. Le suivi du jardin après notre départ sera assuré par une équipe formée. Cette équipe a suivi toutes les étapes de mise en place du jardin.

Trois années de collaboration restent à venir et nous espérons que la population malienne verra les bienfaits reliés à un tel projet d’agriculture urbaine et qu’elle se l’appropriera davantage. Ce projet de jardin sur le toit, développé et adapté au contexte malien, peut contribuer à la souveraineté alimentaire des habitants. Aussi, le suivi est assuré entre les groupes de stagiaires puisque les prochaines équipes pourront se baser sur les réalisations et les constats des équipes précédentes pour ainsi assurer la durabilité du projet.

Sites Internet

Alternatives

Blogue des stagiaires d’Alternatives

Radio Kayira

Des jardins sur les toits

Québec sans frontières

Bibliographie

Asomani-Boateng, R., et Murray Haight. 1999. «Reusing organic solid waste in-urban farming in African cities: a challenge for urban planners». In Agriculture urbaine en Afrique de l’Ouest, sous la dir. de Olanrewaju B. Smith, Ottawa (Ca): CRDI, 210 p.

Bruntland, G. (éd.), 1987, Notre avenir à tous (rapport de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’ONU), Oxford (R.-U.), Oxford University Press.

FAO: http://www.fao.org/docrep/meeting/008/j2409f/j2409f06.htm (définition souveraineté alimentaire)

Mougeot, Luc J.A. 2000 «Autosuffisance alimentaire dans les villes : l’agriculture urbaine dans les pays du Sud à l’ère de la mondialisation ». In Armer les villes contre la faim, systèmes alimentaires urbains durables, sous la dir. de Koc, Mustafa, Rod MacRae, Luc J.A. Mougeot et Jennifer Welsh, Ottawa (Ca) : CRDI, p : 11-27.

Smit Jac, Ratta Annu & Nasr Joe. 1996. Urban agriculture: food, jobs and sustainable cities. Publication Series for Habitat II. Volume 1. New York:United Nations Development Program (UNDP).

Smith, Olanrewaju B., Paule Moustier, Luc J.A. Mougeot et Abdou Fall. 2004. Développement durable de l’agriculture urbaine en Afrique francophone: Enjeux, concepts et méthodes. Ottawa (Ca) : Cirad et Crdi, 173 p. Disponible en ligne : http://www.idrc.ca/openebooks/134-5/.

Smith, Olanrewaju B. 1999. Agriculture urbaine en Afrique de l’Ouest: Une contribution à la sécurité alimentaire et à l’assainissement des villes. Ottawa (Ca) : Cirad et Crdi, 207 pages. Disponible en ligne: http://www.idrc.ca/fr/ev-9396-201-1-DO_TOPIC.html

UN-HABITAT. 2004. Dialogue on urban realities, working paper of the committee of Permanent Representatives to UN-HABITAT for World urban forum. En ligne: 2004(HSP/WUF/2/5, draft 17/03/04).

World’s fastest growing cities and urban areas from 2006 to 2020 [archive], CityMayors.com.

Zallé, D. Stratégies politiques pour l’agriculture urbaine, rôle et responsabilité des autorités communales: le cas du Mali dans Smith, Olanrewaju B. 1999. Agriculture urbaine en Afrique de l’Ouest: Une contribution à la sécurité alimentaire et à l’assainissement des villes. Ottawa (Ca) : Cirad et Crdi, 207 pages. Disponible en ligne: http://www.idrc.ca/fr/ev-9396-201-1-DO_TOPIC.html

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